Au Sénégal, le niveau d’ensoleillement par mètre carré est remarquablement élevé, avec une moyenne de plus de 300 jours d’ensoleillement par an. De plus, les niveaux d’irradiation solaire sont en moyenne de 5,7 kWh/m²/jour. Cette abondance d’ensoleillement représente une opportunité exceptionnelle pour tirer parti de l’énergie solaire au Sénégal. Malheureusement, bien que le potentiel soit élevé, le pays n’a pas encore pleinement bénéficié de la baisse des coûts des technologies photovoltaïques. Il n’a pas plus réussi à attirer les investissements indispensables pour les déployer à grande échelle.

Il semble que le problème soit le même sur tout le continent. En 2021, une infime fraction de 0,6 % des 434 milliards de dollars investis dans la production d’énergies renouvelables à l’échelle mondiale a été allouée aux pays africains, marquant ainsi le niveau d’investissement le plus bas depuis 2011.
Cet article « Solaire Senegal » va analyser les défis et solutions pour accélérer le développement de l’énergie solaire au Sénégal :
Quatre défis majeurs à relever
Pourquoi l’énergie solaire peine-t-elle à percer au Sénégal malgré sa compétitivité croissante ? Que peut-on faire pour libérer son potentiel et aider le Sénégal à poursuivre un développement à faible émission de carbone, tout en assurant un accès énergétique aux populations encore non desservies ? Nous avons identifié quatre principaux obstacles à surmonter :
Malgré les efforts de la CEDEAO, les politiques régionales sur les énergies renouvelables peinent à se concrétiser efficacement. Les Plans d’Action Nationaux pour les Energies Renouvelables (NREAPS), conçus pour promouvoir l’énergie solaire, notamment au Sénégal, tardent à être pleinement mis en œuvre, en raison d’un suivi insuffisant.
Cette situation est exacerbée par des cadres réglementaires inadaptés, souvent déconnectés des politiques énergétiques actuelles et, même lorsqu’ils sont alignés, leur mise en œuvre reste problématique.
La société nationale de distribution d’électricité au Sénégal (SENELEC) fait face à des obstacles techniques, financiers et d’incitations qui entravent sa capacité à adopter à grande échelle l’énergie solaire au Sénégal. Privilégiant souvent l’extension des réseaux existants et les sources d’énergie conventionnelles, la société nationale d’électricité rencontre un manque d’incitations gouvernementales à changer de cap énergétique. De plus, l’intégration de l’énergie solaire provoque des inquiétudes injustifiées quant à sa viabilité et en tant qu’option d’alimentation intermittente.
La situation est aggravée par les difficultés financières qui limitent sa capacité à investir à plus grande échelle dans l’énergie solaire. De plus, elle rencontre des obstacles pour attirer des investissements de type producteur d’électricité indépendant (IPP) et pour intégrer efficacement l’énergie solaire dans le réseau.